L’alimentation équine : les dangers invisibles des glucides dans le seau

06/07/2026

Alimentation équine, équilibre nutritionnel et santé globale du cheval.

Nous voulons tous le meilleur pour nos chevaux, et cela passe souvent par l’envie de bien les nourrir. Pourtant, l’offre
industrielle moderne s’est profondément éloignée des besoins réels de leur système digestif. Aujourd’hui, la science tire
la sonnette d’alarme sur un composant omniprésent : les glucides non structurels (GNS).

Pourquoi l’assiette de votre cheval mérite-t-elle toute votre attention, et quel est l’impact réel de ces sucres cachés sur sa
santé et ses pieds ? Un décryptage s’impose.

Qu’est-ce que les « Glucides Non Structurels » (GNS) ?

Pour faire simple, les glucides d’un aliment se divisent en deux grandes catégories :

  1. Les glucides structurels (les fibres) : c’est le foin, l’herbe mature. Ils sont indispensables et lentement
    fermentés dans le gros intestin du cheval.
  2. Les glucides non structurels (GNS) : il s’agit des sucres simples et de l’amidon. On les trouve en grande
    quantité dans les céréales (orge, avoine, maïs), les granulés industriels, les friandises, mais aussi dans l’herbe
    jeune de printemps ou de stress (gel, sécheresse).

Le cheval est un herbivore strict conçu pour digérer des fibres pauvres tout au long de la journée. Son organisme n’est
tout simplement pas armé pour assimiler de fortes concentrations de GNS.

L’effet domino des GNS sur la santé globale

Lorsqu’un cheval ingère trop de sucres et d’amidon, son système digestif sature. Les conséquences se font rapidement
sentir à l’échelle de tout son corps :

  • Perturbation du microbiote et ulcères : l’excès de GNS n’est pas digéré dans l’intestin grêle et arrive massif
    dans le cæcum. Cela provoque une acidification brutale (baisse du pH), détruisant la bonne flore intestinale au
    profit de bactéries toxiques. C’est le terrain idéal pour les ulcères gastriques et les coliques.
  • Le dérèglement métabolique (SME) : tout comme chez l’homme, les pics de sucre répétés forcent le
    pancréas à produire de l’insuline en excès. À terme, le cheval développe une Insulino-Résistance (IR) ou
    Syndrome Métabolique Équin (SME), des pathologies de plus en plus fréquentes dans nos écuries.

L’impact direct sur les sabots : quand le sucre attaque les pieds

En podologie et en nutrition, on sait désormais que le sabot est le miroir direct du métabolisme. L’excès de glucides non
structurels attaque la structure même du pied de deux manières :

1. La fourbure métabolique (la complication majeure)

Les recherches cliniques ont démontré que l’hyperinsulinémie (un taux d’insuline trop élevé dans le sang dû aux
GNS) est le déclencheur principal de la fourbure. Les toxines issues de la mort de la flore intestinale et les
dérèglements vasculaires détruisent les lamelles qui lient la phalange à la boîte cornée. C’est une urgence
douloureuse qui compromet durablement la locomotion.

2. Une corne fragile et sensible

Même sans aller jusqu’à la fourbure aiguë, un cheval nourri avec trop de GNS aura une qualité de corne
médiocre. Le métabolisme perturbé affaiblit la production de kératine.

On observe alors :

  • des lignes blanches élargies et distendues (portes d’entrée aux infections).
  • des seimes, des parois qui s’effritent ou cassent facilement.
  • une sensibilité chronique sur les sols durs ou caillouteux, rendant la transition ou le maintien pieds nus
    très difficile.

Ce qu’il faut retenir : comment agir ?

Repenser l’alimentation de son cheval n’est pas une option, c’est la base de sa santé globale et locomotrice. Pour
protéger votre compagnon, quelques règles simples s’appliquent :

  • Le foin d’abord : il doit être la base absolue de la ration (fibres), idéalement analysé si vous avez un cheval
    sensible pour vérifier son taux de GNS.
  • Limiter les céréales : réduire ou supprimer les aliments industriels riches en amidon pour les chevaux qui n’ont
    pas une activité sportive de très haute intensité.
  • Gérer le pâturage : attention à l’herbe rutilante du printemps ou stressée par le gel d’hiver, qui regorge de
    fructanes (un GNS hautement toxique pour les chevaux sujets aux fourbures).

Nourrir son cheval avec logique et respect de sa physiologie, c’est s’assurer d’avoir un partenaire bien dans ses
membres, bien dans sa tête, et solide sur ses pieds.

Pour mieux comprendre cette approche globale, vous pouvez consulter les pages
l’équilibre nutritionnel,
la podologie équine et
mon approche.

Sources

Dr. Eleanor Kellon (VMD) – Spécialiste de la nutrition et des troubles métaboliques équins (SME/IR).

Dr. Chris Pollitt (University of Queensland) – Recherches sur la physiologie du tissu lamellaire et les déclencheurs de la
fourbure.

Geor, R. J., Harris, P., & Coenen, M. – « Equine Applied and Clinical Nutrition » (Ouvrage scientifique de référence sur les
glucides et le métabolisme).

Ressource complémentaire :

Institut français du cheval et de l’équitation : adapter la ration du cheval
.

Questions fréquentes sur l’alimentation équine

Pourquoi les glucides non structurels sont-ils importants en alimentation équine ?

Les glucides non structurels sont importants en alimentation équine parce qu’ils regroupent les sucres simples et l’amidon. En excès, ils peuvent perturber le microbiote, favoriser les dérèglements métaboliques et fragiliser la santé des sabots.

Quel lien existe entre alimentation équine et santé des sabots ?

Le lien entre alimentation équine et santé des sabots est direct : un excès de sucres ou d’amidon peut perturber le métabolisme du cheval, favoriser la sensibilité du pied, fragiliser la corne et augmenter le risque de fourbure métabolique.

Pour toute demande d’accompagnement, vous pouvez contacter Chloé Bes via la page
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